REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

De Lom dans le malaise

Je relisais "Malaise dans la culture"...

Qu'est ce que ce "sentiment océanique", sans borne, sans frontière, dont parle Freud évoquant à ce sujet Romain Rolland?
Il en parle comme quelque chose qu'il reconnaît ne pas connaître. Il a la modestie de n'en pas tirer de conclusions.
R Rolland, en parle comme ce qui est "à l'origine de l'énergie religieuse". Il n'est pas un article de foi, et "sur la seule base de ce sentiment océanique, on est en droit de se dire religieux, alors même qu'on récuse toute croyance et toute illusion" pg 6 Freud.Prse universitaires de france.
Freud enfin, rattache ce "sentiment de consolation" à la vision d'un poète devant la mort de son héros qu'il a lui-même choisie " Nous ne pouvons tomber hors de ce monde" Dietrich Grabbe.

Freud en déduit que ce sentiment océanique dès lors, est celui d'"un lien indissoluble, d'une appartenance à la totalité du monde extérieur." pg 6

Et de conclure: "la seule question est de savoir s'il est interprété exactement et s'il doit être reconnu comme "fons et origo" de tous les besoins religieux.

Freud, n'en continue pas moins à interroger ce qu'il ne "comprend pas", ne connaît pas; et il découvre que ce sentiment océanique, que toute sa "psychologie " comme il dit lui-même, psychologie du moi contredit d'être tourné vers l'extérieur, alors que tout ce qu'il a écrit jusque là l'établit en "façade" et qu'il se "continue vers l'intérieur, sans frontière tranchée, dans un être animique inconscient que nous qualifions de ça". pg 7
Il contredit l'idée d'un lieu conscient, soit dans le moi, qui serait tourné vers l'extérieur, hormis dans "un seul état execptionnel - il est vrai mais qu'on ne peut condamner comme morbide -, il en va autrement. Au comble du sentiment amoureux la frontière entre moi et objet menace de s'effacer." pg 7

Ce sur quoi Freud a le nez, mais qu'il ne peut voir, malgré ou parce que son ami lui pointe l'endroit d'une carence, d'un manque, dont il ne peut par "orgueil" faire le travail du désir qui l'en sépare, parce qu'il est déjà Freud: Freud le scientifique qui veut établir la psychanalyse en science; parce que Freud est déjà pris dans le filet de son fantasme et qu'il ne peut plus ouvrir la nasse dans laquelle il s'est pris pour être ce représentant d'une nouvelle vérité, d'un nouveau savoir.
Freud, ne se mettra pas plus en avant dans le travail de ce qu'un autre supposé au savoir pourrait lui accorder de découvrir. Il est résistant au transfert, parce que le transfert, c'est lui, c'est la psychanalyse du "corps et de l'esprit" de Freud.

Près de cent ans plus tard, il est clair que l'obstacle, que l'oubli freudien - et on peut se demander jusqu'où Lacan y a mis sa clé, poussant le verrou jusqu'à l'entrebaillement et quelle est encore notre tâche, politiquement, pour ouvrir bien grande la porte à cet espace du champ de la jouissance du dieure - , porte sur ce travail qui n'a pas été fait, sur cette résistance dans le transfert, faute de ne pouvoir convoquer un Autre, un supposé au savoir qui du champ de la psychanalyse puisse l'ouvrir au champ de cette jouissance Autre... à l'appréciation du sentiment océanique que relève Romain Rolland et qui fera dire à Freud le scientifique, qu'" il n'est pas commode de procéder à l'éléboration scientifique des sentiments " et "Je dirais volontiers que pour moi cela a plutôt le caractère d'une vue intellectuelle, qui n'est certes pas sans s'accompagner d'une tonalité sentimentale, telle qu'elle ne manquera d'ailleurs pas non plus dans d'autres actes de pensée de semblable portée. Sur ma personne je ne pourrais pas me convaincre de la nature primaire d'un tel sentiment." pg 6 Nous ne pouvons jamais séparer l'intellectuel du corps dira Lacan dans le Sémin 1

Car la question est bien dans ce renouvellement à ête posée, de ce qui est à l'origine, "de la nature primaire d'un tel sentiment" que n'a pu appréhender Freud pour être du champ de la psychanalyse.
Ce sentiment océanique, est celui de l'ouverture à la jouissance du dieure, qui en (dé)livre sa présence de la bouche même de Lom - on y arrive- et qui le fait, Lom, de cette bouche. Ce sentiment est cet affect lacanien de la fin de l'analyse qui dans son éprouvé événementiel, permet, autorise le quidam à se projeter dans un je qui parle depuis la pure vacuité de sa parole, d'un "je" qui dit le monde, sa jouissance au monde dans la séparation où il inscrit et écrit la jouissance de sa division...jouissance de sa castration. Sur "la naissance du dieure" on peut se référer à ce texte publié sur le site de P.Valas en "contributions".
Lom, en même temps qu'il s'articule, découvre sa "nature" de dieure, qui lui donne sa place dans le réel. Il découvre cette origine comme fait d'un futur- antérieur qui le précède mais pour autant qu'il s'y tienne, dans l'effort et le travail de projection de son nom et de tout ce qu'il va nommer de lui comme monde.
Il ne peut mener ce travail que pour autant qu'il se vit comme amarré au langage, à la parole. Sa condition de parlêtre est une condition non pas intellectuelle mais une position de corps et de vécu. L'Autre, qui n'a jamais été, est ce que désigne Lom dans sa propriété de toujours, immanente à ce fait de parler, d'être ce lieu d'une jouissance qui lui parle et qui l'inscrit...à lui de découvrir l'écriture que cet Autre a marqué comme son empreinte : I (A)... sur le graphe du désir. C'est une recherche qui ne s'épargne pas d'un désir encré dans la question de l'amour, de la reconnaissance du désir.

P.Valas m'a "baptisé" un jour en réceptionnant le premier de mes textes mis sur la toile comme texte d'un "je" qui parle. Politiquement, dans cette histoire de LOM, il aura été mon Saint Jean-Baptiste... et cette histoire, dans ce réseau autour de LOM, prolifère avec ce réseau, aujourd'hui dont nous sommes les figures et les figurants d'une "nouvelle psychanalyse"... nécessairement son prolongement, sa nécessité, car sa nouveauté est de l'invention de chaque à se produire dans son "je qui parle", depuis ce souffle du siège de l'Autre, à se découvrir dans le dieure pour se retrouver dans la marque vive de LOM ".

Freud a récusé cet affect...sans l'exclure...disant son impuissance personnelle à le reconnaître, son manque. Lacan, l'a contourné, tournant autour dès le séminaire 1 et surtout dans le séminaire Encore. Nous, notre tâche... la tâche de ce siècle est de "réintroduire les dieux", comme le disait Malraux.

Depuis la Slovénie, un fond de vallée profonde au milieu des forêts de l'ours...

D.Demey Le 6 juillet 2012

 

« Reconnaissance joyeuse de la (sa) castration ?" me demandait Léo Theunissen

Oui, on se rapproche... "grâce face à sa castration, élévation intérieure,  apaisement même, ouverture ..."
Un homme se trouve ainsi placé, situé sur la terre, comme devant l'infini au-delà de l'horizon, non hostile, face à sa condition, petit, infiniment petit devant le monde et l'immensité de l'univers, dans lequel il reconnaît sa participation, son corps (de jouissance) comme la part même à partir duquel il peut l'envisager, le nommer et dont il devient l'habitant.
Ainsi, grâce de la castration, le monde devient son habi(li)tation, le lieu pour son être de s'y trouver et l'objet, à travers l'immense question de sa responsabilité, de sa fondation, de son espérance à bien y vivre.
Seul l'homme, parmi tout le vivant, a ce privilège de  faire la part du monde, de poser sur celui-ci son regard à travers lequel, comme dans un miroir, c'est le monde qui le regarde et qui le voit, le désignant et dans lequel il peut mettre son amour.

C'est ce retour du regard en miroir, faisant regard du monde sur soi, qui fonde le sentiment océanique, comme ce qui établit l'homme dans son être au monde, reçu par le monde dans un « Tu es là, mon fils, ma fille, et je t'attends ; mon amour, mon espérance t'attend »

Où LOM s'inscrit dans la demande.
 

Dans ce retour du miroir, c'est le regard de la mère sur son enfant qui se projette en son mythe d'entrée universel: regard d'amour, de joie, de bienveillance, de sereine confiance.

La tradition nous avons reçu la portée dans ce qui établit l'enfance au monde à travers ce mythe d'un premier amour du Dieu rendu humain par « sa mère ».

Ainsi, la castration symbolique, loin d'être une porte fermée est une porte d'entrée qui ouvre, celle qui va donner à l'homme son souffle, celui d'une libération face à l'opaque.
Avec ce regard du monde qu'il reçoit et dans lequel il se voit, il devient au monde et y habite dans sa séparation. Le tout et la partie font un, qui se sépare en deux. Cette séparation, fait la joie de l'homme d'être au monde. L'homme est le monde, et il en a la responsabilité.

 





 
 
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