REVOLUTION-PSYCHANALYSE

Pour un mouvement "révolutionnaire" au sein de la psychanalyse

L'en-je-u d'une ligue d'épars désassortis


De Caïn ne supportant pas Abel
entre les escrocs de la secte et le « jugement » sectataire des purs et durs,

la psychanalyse dans ses crises, au tournant de ses choix.

 

« Ceci n'est pas un poisson d'avril ! »

 

 

 

L'en-je-u d'une ligue d'épars désassortis au travail.

 

De Caïn ne supportant pas Abel,

entre les escrocs de la secte et le « jugement » sectataire des purs et durs,

la psychanalyse dans ses crises, au tournant de ses choix.

 

 

 

 

 

Le problème avec la psychanalyse, c'est sa véritable escroquerie...pas celle dont parle Lacan, qui elle n'est pas dupe de sa fonction.

En quoi consiste-t-elle alors, cette véritable escroquerie ?

 

Celle du symptôme-prothèse, dont se soutient malgré elle, l'institution psychanalytique, symptôme-prothèse, dont C.Soler dit 1 que ce « symptôme-prothèse, n'est pas le transfert. C'est une suture au transfert, au contraire » 2

 

C'est qu'elle n'est pas (l'institution) pour l'instant ni encore, ni toujours un lieu de rencontre et de travail entre « des épars désassortis ».

Il y a dans toutes sortes de ses coins et recoins, parfois un énorme frein, une pesanteur lourde de gens, nullement épars, nullement désassortis qui fonctionnent dans l'imaginaire de leur miroir fantasmatique pour soi-disant soutenir la psychanalyse et/ou soutenir « un travail » mais d'une place qui ne renvoie assez malheureusement qu'à une position narcissique, au symptôme -moi - et non au symptôme réel de l'Un.

Position étrange, de servilité, les faisant solliciter dans un transfert mal placé, encore et toujours un supposé savoir dans l'Autre « vivant », duquel ils escomptent bien quelque part et en rétribution « des services rendus » que cet « Autre vivant » les tiendra pour des « valants pour lui ».

Et c'est de cela qu'ils se soutiendraient, ces escrocs-là : d'une gratification venant de l'Autre qui les nourrirait encore imaginairement, fantasmatiquement à sa « bonne » mamelle.

 

Mais elles sont lamentables, ces solutions d'appui prothèstésique qui continuent à pervertir le milieu psychanalytique et qui génèrent une véritable escroquerie faite à la psychanalyse.

« Solutions » dans la dissolution de la psychanalyse, car celles-ci entraînent souvent celui ou celle que ces personnes envisagent et choisissent d'établir dans et comme Autre et sujet supposé savoir dans un engluement transférentiel interminable, le sollicitant, lui et seulement lui ou ses seconds dûment authentifiés, toujours comme devant répondre à leur tentative de séduction, et cela, allant malheureusement contre leur propre faculté de s'engager et de se soutenir dans le travail par la voie de leur propre pensée boîteuse, celle d'une « subversion » assumée de leur symptôme.

Que ce soit J.A Miller, CH.Melman, ou même Colette Soler qui en fassent office- pour ne parler que de ces quelques qui sont mis à cette place-là par des psychanalystes - ces « solutions » de prothèse transférentielle sur une personne reconnue par ailleurs, non seulement, servent de refuge personnel à ces « psychanalystes » visant à maintenir en l'état un refoulement sur leur symptôme, mais aussi malheureusement d’exutoire honorable à une « haine » vis à vis de la manifestation symptomatique de l'autre, vis à vis de l'Un que les tenants de ces solutions ne peuvent pas envisager ni pour eux, ni pour, ni chez l'autre . « Haine » vis à vis de cette différence absolue qui marque cet autre dans sa compagnie de travail qu'ils ne supportent pas par jalousie et/ou invidia.

Caïn et Abel sont reconvoqués dans ce qui se joue au sein des milieux institutionnels psychanalytiques.

 

L'appel incessant à de « l'Autre » tansférentiel-prothestésique, est une forme déguisée d'identification à Caïn, dégénérant en une éviction-réduction de l'« Abel » de l'autre, et une incitation à la provocation de « Dieu », mis dans l'Autre du supposé savoir, « Le sujet supposé-savoir, c'est Dieu lui-même, sans doute... » 3 telle à le rendre fatigué, à l'épuiser et à l'enjoindre « ...ce Dieu lui-même, dans doute, mais ce dieu des philosophes qui n'existe pas »4, à désespérer et à renoncer, tel que l'appelant sans cesse, l'oubli réside de ce que ce « Dieu », il n'existe pas.

Voyez Lacan et la dissolution de son Ecole !

Cette situation se répète encore.

Mais l'heure d'aujourd'hui qui se précise pour la psychanalyse, est celle de choisir la secte ou bien « non »...

L'heure se précise d'un choix pour la psychanalyse entre un fonctionnement qui se sustente de fonctionnaires au service d'une haine, serviles à l'Autre dans leur fantasme et leur imaginaire, ou bien entre celui de faire de la position d'engagement du psychanalyste, celle de son symptôme, qui n'est que du Un, de l'un psychanalyste « épars désassorti », pour lequel l'objet du travail s'appuie sur une hystérisation de la psychanalyse, dans une érotique du savoir, comme scène rassemblant dans le multiple des savoirs troués de chacun, une scène de repésentation du savoir de l'Autrebarré, troué.

 

« Donc identification à l'objet qui manque au coinçage du noeud. C'est dire que chacun peut s'identifier à chacun en tant qu'il travaille à partir de son non savoir, fût-ce à produire plus de savoir. Ce serait d'ailleurs la meilleure définition que je puisse donner au transfert de travail. Il repose sur une identification hystérique. Cette identification n'est pas l'identification primordiale, ni l'identification par un trait, mais une identification « par participation »(...) participation au désir qui anime l'autre, et dans le cas du transfert de travail de participation au manque qui anime son travail. » 5

 

L'heure de « vérité » de la psychanalyse est de faire ce choix, de manière radicale aujourd'hui, de refuser d'encore fonctionner sur base de quelques fonctionnaires « bien investis » qui n'engagent leur travail et leur responsabilité qu'à savoir à travers l'Autre qu'ils instituent et rappellent de manière incessante pour faire écran à ce qui est refoulé de leur propre manque dans leur symptôme pas analysé.

« Il y a certes une érotique du pouvoir « débile de méchef » comme dit Lacan, mais l'érotique du savoir est autre chose. » C.Soler pg 258 ibid

C'est cette posture d'une imposture qu'il faut viser à travers ce qui distribue différemment le travail vis à vis du « transfert », l'  « obligeant », ce travail à se soutenir de la participation de l''autre et non de l'Autre, dans une façon d'être chacun pour l'autre, son obligé plutôt que de faire de lui, l'autre un obligé d'une figure disant supporter le transfert.

 

Ces personnes, « ces bons fonctionnaires » par ailleurs parfois pas fainéants du tout, travailleurs à l' efficace organisationnelle, volontaristes  occupent et parviennent à occuper une place de mérite dans l'institution. Mais finalement on peut se demander si ce n'est pas quelque chose de l'ordre du titre qui les mobilise et les retient, car ils sont quelquefois et le deviennent, désobligeant(e)s assez rapidement, dès que la gratification les a signifiés. Ils sont désobligeants, avec ce qui dans la fréquentation de l''institution les met en présence de réels « épars désassortis », en présence du réel de ce Un que ces derniers sont et avec quoi ceux-ci avancent dans leur incise de subversion.

Car ceux-là, d'une part qui n'en n'ont rien à cirer de cette séduction dans le miroir de l'Autre, sont vus comme des provocateurs, et d'autre part, puisqu'ils ne sont pas encore épinglés institutionnellement comme l'étant « de ce un » ne portant ni titre, ni chasuble d' « AE », d' « AME » ou même encore d'A.P, ne mériteraient pas encore leurs égards et leur respect.

En fait, ils ne les supportent pas ceux-là, ces manifestations de « uns » qui représentent toujours pour eux un danger, ne mangeant pas le même pain de leur refuge dans la séduction.

 

Mais « les escrocs » ont assez souvent une « place », et certains envisagent sérieusement encore d'occuper « la place »... de leur façade, jusqu'au jour où, ils sont découverts « nus » tels que dans le vieux conte «  Les habits de l'Empereur », par quelques non-dupes avertis, ligués en « épars désassortis » que la psychanalyse produit irréductiblement.

Alors, ils se retrouvent face à eux-mêmes comme des petits « colosses aux pieds d'argile » et devant leur inconsistance dévoilée, ne trouvant plus l'appui escompté du regard de l'Autre, ils s'effondrent.

Comme moindre mal de cet effondrement, ils prennent la fuite, au pire, posent « leur bombe », détruisant ou sabotant au passage de leur désertion, le navire, le rafiot, le canöé, qui jusque là les avait pourtant portés avec quelques autres.

Leur reste encore la possibilité, au mieux de la logique du transfert, qui serait à partir de cette inconsistance où ils ne trompent plus, ne font plus « effet », n'ont plus de crédit, de reprendre là où ils avaient commencé, par un bout de cure.

« On peut donc être tenté de penser que les sectes analytiques ont leur ressort dans les transferts non résolus, ouverts à la pente sacrificielle de l'amour. Faudra-t-il alors opposer les vrais analysés, qui résisteraient aux sirènes de l'influence, et les autres, les assujettis du transfert ? Ou dire que les analyses ne finissent pas vraiment ? » C.Soler ibid pg 253

 

A l'heure du choix, entre la secte des escrocs et les seuls purs et durs, c'est celui du travail qu'il faut relancer, de la continuation dans le travail d'une parole qui continue de circuler et d'opérer en tant qu'elle ouvre des espaces de perlaboration, de traversée du savoir dans une reconnaissance de participation des uns et des autres « au travail ».

Le troisième terme, pour l'institution, judicieusement ramené par C.Soler, est celui de cette sorte

 

« Alors à quel point du groupe peut-on s'identifier dans le cartel ? Il serait bien étonnant que ce soit au plus un. Lacan donne une indication à ce sujet à la fin de cette leçon après avoir évoqué le « noeud social » comme relevant de la structure borroméenne. Et il termine sur l'identification « à ce qui est le coeur, le centre du noeud, où je vous ai déjà situé la place de l'objet a. Cet objet domine ce dont Freud fait la troisième possibilité d'identification, celle de l'hystérique, au désir de l'autre. »

Donc identification à l'objet qui manque au coinçage du noeud» »cours 2011-2012, pg 47

 

...Que j'entends comme une identification des analystes au travail, à l'objet troué du savoir, dans une position « hystérique » de renoncement à boucher le noeud, dans une position qui y perpétue « le manque à son coinçage » et qui se soutient de « l'amour partagé » d'un gay savoir, pris à participer dans son désir au désir de l'autre. Une reconnaissance qui s'exerce par le travail, non par la posture dite de « transfert »!

 

Ce qui reviendrait à faire praxiquement dans les échanges de cette participation une ligue « des épars désassortis ».

 

Daniel DEMEY un 1er avril... en 2013

 

 

 

 

 

1C.Soler in « Ce que Lacan disait des femmes » pg 257

2 En quelques pages, auxquelles je renvoie le lecteur, pg 251 à 253 du même ouvrage, C.Soler décrit le problème des institutions psychanalytiques « Si une fin d'analyse consiste bien à rejoindre et à assumer la différence absolue, comment expliquer les flambées de jouissance servile qui se donnent libre cours dans la communauté anlaytique ? La question se pose vraiment, car le phénomène qui fait virer la communauté analytique à la secte n'est pas inédit dans l'histoire, et il est trop fréquent pour être tout a fait contingent. » pg 253.

2

3 Colette Soler, in Etudes de psychanalyse, in Progress, « Ce que Lacan disait des femmes », pg 254

4ibidem

5C.Soler Cours 2012 « qu'est ce qui fait lien ? »

 




 
 
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