REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse


L'origine "révolutionnaire" de la psychanalyse,
c'est chez Lacan.


 
Daniel DEMEY, 18 Novembre 2013

L'origine "révolutionnaire" de la psychanalyse,
c'est chez Lacan




"Un danger de la psychanalyse est qu'elle produise du solipsisme." J-P Journet in Lom 2013, https://www.facebook.com/groups/498433043505226/ et "Le seul danger de la psychanalyse, c'est de ne pas aller au bout de sa logique" C. DubuisSantini ibidem...

Soutenir le désir du "sujet qui "ex-siste" hors des signifiés de ses identifications...

Est-ce que la sensibilité et les émotions du psychanalyste ne font pas partie de son monde sensible? Est-ce que le monde ne lui est pas aussi sensible?

Où se situe pour lui ce point d'attache au monde dans lequel il est pour échapper au sollipsisme d'une vision surplomblante et /ou uniquement propre à la cure ? Position hors-monde ? et dans lequel s'il n' était pas impliqué dans ses émotions, il ne pourrait plus non plus rejoindre la subjectivité de son époque s'il ne l'éprouvait pas plus?

Je pense que la logique du discours psychanalytique c'est d'admettre comme point de départ de son travail, celui que dessine et destine pour tout un chacun "la mort". Et que face à cela, il reconnaît même si c'est dans la contradiction du signifiant et de la parole, en quoi s"'exprimerait" là, devant ce qui actualise pour chacun une remontée de"la mort", une bataille pour vivre.

Il y a la transcendance de ce que l'on est devant la mort "tous égaux", qui régit l'hétérogénéité des "luttes".

Une dimension révolutionnaire ne peut l'être qu'à considérer l'action dans "l'hétique à quoi nous mène la psychanalyse, le rapport de l'action au désir qui l'habite" JL Sémin VII pg 361. "Disons en première approximation que le rapport de l'action au désir qui l'habite dans la dimension tragique s'exerce dans le sens d'un triomphe de l'être-pour-la mort" ibidem, "triomphe" du héros antique pour lequel le registre d'une action référée à ce qu'on appellerait aujourd'hui "gestion des biens" n'est plus ni possible, ni soutenable en regard de son jugement éthique " qui représente cette question avec sa valeur de Jugement dernier-Avez-vous agi conformément au désir qui vous habite? Ceci n'est pas une question facile à soutenir. Je prétends qu'elle n'a jamais été posée ailleurs avec cette pureté, et qu'elle ne peut l'être que dans le contexte analytique". ibid pg 362.

 

Dès lors, on peut se demander à quoi nous mène l'indignation et les professions faites à cette indignation comme une « morale » de notre temps qui comme toute « valeur morale » que notre époque a à traiter, trépasse à la moulinette des promesses des « valeurs » morales d'objets plus de jouir, d  « efficacité » ...etc, du faux maître jouisseur du capitalisme.

 

Jusqu'où réellement va alors « s'écraser » et s'aplatir cette indignation si justement elle ne rejoint pas le terme logique où seule peut l'amener la psychanalyse : une énonciation dans l'acte qui se soutient de « son être-pour- la mort »  comme dans « le rapport au désir qui l'habite » et assumant ses conséquences?

L' « indignation morale » telle quelle, est une indignation que le discours du maître capitaliste de surcroît, finit toujours par rattraper.

Elle ne parvient qu'à alimenter la couleur de notre temps qui fait régner ceci : « Une part du monde s'est orientée résolument dans le service des biens, rejetant tout ce qui concerne le rapport de l'homme au désir-c'est ce qu'on appelle la perspective post-révolutionnaire. La seule chose qu'on puisse dire, c'est qu'on n'a pas l'air de se rendre compte qu'en formulant ainsi les choses, on ne fait que perpétuer la tradition éternelle du pouvoir, à savoir-continuons à travailler, et pour le désir, vous repasserez. » ibidem pg 367.

 

Si ces indignations ne peuvent s'inscrire dans le « pari révolutionnaire », elles ratent la cible qui en est pourtant à leur essence, car, et en paraphrasant Lacan : « Une part du monde ne s'est pas orientée résolument dans le service des biens, mais d'abord dans celui du « désir », appréciant tout ce qui concerne le rapport de l'homme au désir- c'est ce qu'on appelle la perspective révolutionnaire.

La seule chose qu'on puisse dire, c'est qu'on n'a pas l'air de se rendre compte qu'en formulant ainsi les choses, on ne fait que perpétuer la tradition éternelle de l'acte «hors pouvoir », gratuit, révolutionnaire, à savoir-continuons à sortir de l'ordre du maître capitaliste, son travail salarié lié au régime de plus-value, et sa gestion des « biens », continuons à démentir la tradition éternelle du pouvoir, à savoir-continuons à travailler, et pour le désir, vous repasserez ; pour y substituer, cette perspective révolutionnaire d'un acte du monde dans lequel « et pour le désir, vous ne repasserez pas. »

« Psychanalyse et révolution » vont de pair. Et c'est Lacan, d'une manière incroyable, qui nous tend la perche de ce signifiant à associer à celui de psychanalyse, dans le renversement à saisir qui se déduit de la période actuelle que nous vivons bien à l'image de ce qu'il a décrit en 1960 en la qualifiant, cette époque de « perspective post-révolutionnaire »...

S'il la décrit ainsi, « post-révolutionnaire » notre époque des biens maudits du capitalisme, c'est que l'époque antérieure, elle, devait bien l'être ou l'avoir été quelque part, « révolutionnaire », mais avait sans doute manqué une marche pour ne plus s'y retrouver à notre heure, noyée dans les logiques mercantiles et profiteuses d'une gestion exclusive du seul pouvoir des biens.

 

Daniel DEMEY
le 18 novembre 2013

 




 
 
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