REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

Le psychanalyste dans la cité, une question de présentation
de la psychanalyse dans "la discorde des langages"

 

Ce document est la reprise d'un document interne à la liste de l'EPFCL en janvier 2015

Pour répondre à l'interpellation de Marc Strauss (...), il me revient quelque chose qu'il avait déjà soulevé en introduisant un colloque, comme quoi, à peu près de mémoire, « comment cela se faisait-il que la psychanalyse avec la puissance de son discours ne fasse pas plus écho au monde de la société aujourd'hui ? Il aurait-il là quelque chose d'une marche que nous aurions raté ? »

 

Pour ma part, vous en rirez peut-être, je ne me suis pas manifesté comme étant Charlie », « Je suis Révolution-psychanalyse », signifiant qui n'est pas à l'heure d'aujourd'hui d'être reconnu et supporté dans son autre nom de S(Abarré) d'une foule, mais...qui sait ?!

 

Pourtant, cette « Révolution-psychanalyse », est pour la psychanalyse, le signifiant d'une « « religion » pour en sortir ».1 Une manière de dire de la psychanalyse qu'elle serait « la science qui permet à la singularité de se dire » (M.Strauss) Mais pas seulement de se dire, sinon que c'est un dire d'acte et qui ne soit pas de la pensée unique.

 

Acceptation d'un discours du maître, dans son articulation à celui de la science, de l'hystérique ; acceptation d'un service des biens donc, mais dans une exclusion, celle du discours du « faux maître » -pas des personnes en tant qu'elles, mais du discours qui les porte- qu'est le discours du capitaliste. Acceptation de cette circulation à trois avec ce 4ème discours, celui de la psychanalyse, exactement comme la structure du nouage borroméen nous l'apprend, discours de sa praxis, de son désir, de sa « jouissance » dans son amour de séparation.

 

Que veut dire cette « Révolution-psychanalyse » ?

« Révolution-psychanalyse » joue de l'équivoque du signifiant.

Révolution, est à prendre pour tous les révolutionnaires qui ne le savent pas ou qui croient qu'ils sont, comme le signifiant d'une révolution analogue à celle qu'a initiée Copernic, pour le mouvement et qu'ont approfondi Galilée y apportant la dimension d'infini des mondes et de la voie lactée, et Kepler, dans le génie lui, de pourvoir notre monde en révolution d'un double foyer, dans un déplacement non circulaire mais elliptique introduisant là le décentrement, et dans ce rapport au « rien  de l'autre », à la dialectique.

 

En fait, ces savants qui ont engagé leur vie dans leur recherche, n'ont pas fait révolution puisqu'elle est un réel. Ils n'ont fait si l'on peut dire que nous la montrer, nous la mettre à jour dans le ciel.

 

C'est ce rapport qui pourtant est de toujours, déjà là dans la révolution réelle des astres et des planètes, que Lacan par eux, dans la métaphore de leur science d'abord, a porté dans l'homme, dans le parlêtre, le réfléchissant, ce rapport l' ouvrant à la voix d'une révélation de la place qu'il occupe avec le « savoir inconscient joui » dans l'univers ouvert du désir de l'homme au singulier avec ses jouissances.

 

« La subversion, si elle a existé quelque part et à un moment, n'est pas d'avoir changé le point de virée de ce qui tourne, c'est d'avoir substitué au ça tourne, un ça tombe. Le point vif, comme quelques-uns ont eu l'idée de s'en apercevoir, n'est pas Copernic, c'est un peu plus Kepler, à cause du fait que chez lui, ça ne tourne pas de la même façon-ça tourne en ellipse, et ça met déjà en question la fonction du centre. Ce vers quoi ça tombe chez Kepler est en un point de l'ellipse qui s'appelle le foyer, et dans le point symétrique, il n'y a rien. Mais le ça tombe ne prend son poids de subversion u'à aboutir à quoi ? A ceci et rien de plus- F = g.Mm' sur d aucarré.

(…) C'est ce qui nous arrache à la fonction imaginaire, et pourtant fondée dans le réel, de la révolution. » Lacan Encore pg 43

 

Voilà ce qu'à terme veut dire cette association de « Révolution-psychanalyse » en tant que « mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse », aujourd'hui comme un objet de dérision, que personne à part quelques illuminés et bien inspirés accepteraient d'en partager l'engagement.

Pourtant, celle-ci, traduisant un réel, est un inéluctable.

 

Ce que Marc Strauss interpelle, c'est la place du psychanalyste dans la cité. Comme les événements se croisent, je prends ici un large extrait d'une discussion entamée avec J.Siboni.

 

« C'est un peu toute l'ambiguïté de la position du psychanalyste dans la cité.

Dans son rapport politique.

Y-a-t-il un autre homme selon qu'on se trouve dans un cabinet ou face à une réalité du monde ?

 

Je le pense de moins en moins.

Et donc que l'action politique du psychanalyste dans la cité rencontre l'acte qui situe la psychanalyse dans l'offre d'un cabinet. Tout est de savoir comment les psychanalystes aujourd'hui présentent la psychanalyse, cette offre. Pour cela : « Qu’il connaisse bien la spire où son époque l’entraîne dans l’œuvre continuée de Babel, et qu’il sache sa fonction d’interprète dans la discorde des langages. »

 

Lacan n'a que très peu donné libre cours à des épanchements dans la société du spectacle. Ses interventions sur la scène médiatique étaient du côté de l'acte analytique là aussi. Coupure de l'interprétation, maniement de l'équivoque etc.

Il a séduit par l'audace d'une parole en « pied de nez » avec l'attente symbolique, et ainsi, il faisait le spectacle. Il donnait un sens à aller chercher du côté de ce discours qui se marrait de ne pas se rendre à ce que l'ordonnance du spectacle aurait voulu : que l'on parle avec simplicité de choses savantes rendues simples et que l'on donne des avis.

Le tonnerre du style Lacan, était dans la subversion même de sa proposition, de sa langue. Et il n'en n'avait rien à foutre d'être compris ou non. Il disait avec son style. Et ça le faisait, comme jouissance discordante qui faisait boussole pour pas mal de ceux qui du discours commun en avaient un peu leur compte à ce moment-là de l'histoire d'un niveau parlé de la langue de bois.

 

Sans en être dupe, car il n' y a pas à proprement de gloire à rendre compte de ce sacré de l'acte analytique, dans sa grande solitude, bien qu'on puisse y trouver après-coup une grande satisfaction et que parfois, dans l'issue d'une bonne cure, nous sommes payés d'un au-delà de notre salaire immédiat.

Mais malgré que c'est par le sicut paléa de sa position d'analyste dans son désir, que cette disposition de cette offre d'un autre trésor apparaît en un lieu, en un discours, dans la société, elle est néanmoins de l'ordre d'une « mission », d'une propriété « héroïque ».

 

Mais cet engagement du désir de l'analyste n'est pas une mission du genre à renforcer l'ego, à narcissiser… comme il a été assez souvent fait avant Lacan, pendant Lacan, après Lacan- ce dont Lacan s'est rendu compte en proclamant la dissolution de son Ecole et en mettant en garde vis-à-vis des canailles.

Plutôt que d'encore utiliser le discours psychanalytique comme un strapontin ( de toute façon en perte de crédit aujourd'hui), c'est vers le contraire aujourd'hui qu'il faudrait plutôt aller, vers une position dans un courage nouveau devant la face du monde.

"Je voudrais que vous vous rendiez compte que s'il(ce petit groupe autour de Lacan) est constitué comme tel, à l'état de groupe autonome, c'est pour une tâche qui ne comporte rien de moins pour chacun de nous que l'avenir-le sens de tout ce que nous faisons et aurons à faire dans la suite de notre existence. Si vous n'y venez pas pour mettre en cause toute votre activité, je ne vois pas pourquoi vous êtes ici" Lacan Sémin 1 pg 13 ed Seuil

On dit assez que nous en avons même horreur. Car cet acte, dans cet engagement désubjective.

Se mettre dans son acte au niveau d'une rencontre avec la mort, n'est pas chose aisée. Parfois, avec l'humilité la plus grande, nous y sommes de notre choix, forcé.

J'ai choisi depuis presque une dizaine d'années, de supporter pour la psychanalyse la question en prenant la décision de la présenter dans ce qui semble être une déchéance politique.

C'est là que je signe mes interventions. Or, cette association de ces deux signifiants, je la vois comme son réel, enfin, une sortie d' un engluement transférentiel qui la condamne à mourir, à rester prisonnière des rets du discours qui aujourd'hui mène la danse, celui du capitaliste, tantôt qui la flatte, tantôt qui l'abomine…

Mais ce discours, toujours la récupère, sous le seul signifiant d'une honorabilité de « pensée correcte » dans et par laquelle, malgré elle, elle se présente au monde qui lui n'en a plus rien à « f... » de ce vestige.

Vestige de l'habit, de ces figures, ne renvoyant les spectateurs de ce monde qui ne perçoivent en elle plus que cela : un vieux monsieur sali par des histoires troubles, un clown extravagant à moitié fou et incompréhensible qui est mort en faisant des nœuds avec des bouts de ficelle !

 

Qu'il y ait ce trésor, un autre trésor, celui du savoir inconscient, que ce toc de l' aplatissement du monde sacrifié à l'illusion d'une jouissance d'objets plus de jouir, de lathouzes… qu'il y ait un cadre à l'être dans une ex-sistence d'un autre discours que celui-là, sacrificateur obscène de la volonté capitaliste.

 

Avons-nous oublié quelque chose chez Lacan ? Je le crois.

"A la vérité, le saint ne se croit pas de mérites, ce qui ne veut pas dire qu’il n’ait pas de morale. Le seul ennui pour les autres, c’est qu’on ne voit pas où ça le conduit." Et encore : "Plus on est de saints, plus on rit, c’est mon principe, voire la sortie du discours capitaliste - ce qui ne constituera pas un progrès, si c’est seulement pour certains." in Télévision

 

Revolution-Psychanalyse. »

 

Voilà pour ne pas être trop long aujourd'hui,(il y a d'autres développements  en cours) pour soutenir que Révolution-pyshanalyse, c'est le fruit oublié de l'arbre Lacan.

 

A vous revoir.

 

Daniel DEMEY, alias « Révolution-psychanalyse »




 
 
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