REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

Le billet du 7 avril

Pour savoir de quoi on cause, voilà le message reçu d'un site en vue de la psychanalyse et ce qu'il m'inspire. (voir bas de page)

Chers collègues

Une loi empêchant toute pratique freudienne ou lacanienne de la psychanalyse risque d'être votée de façon imminente en Angleterre. Elle comporte en effet un nombre impressionnant de règles soi disant techniques ou déontologiques absurdes et coercitives du style explication des interprétations, scanners du cerveau et ainsi de suite... Vous trouverez les détails sur les liens ci-dessous. Tout praticien pourra être attaqué en justice sur dénonciation si cette loi passe. Notre collègue Darian Leader et d'autres psychanalystes attaquent ce projet devant la cour. Ils doivent pour cela prendre conseil auprès d'avocats spécialisés aux honoraires élevés et risquent de payer les frais de justice. Une campagne de levée de fonds a donc été lancée, dont vous trouverez le détail ci-dessous. Plusieurs associations psychanalytiques, notamment allemandes, et françaises dont le Collège de psychanalystes d'ALEPH et Savoirs et clinique ont décidé de les soutenir moralement et financièrement. Cette lutte nous concerne en effet de très près : l'Angleterre est proche, elle est en Europe, et nous devons être tous solidaires face aux menaces réelles sur la psychanalyse.

 

Geneviève Morel, psychanalyste à Paris et à Lille.

 

 

Fighting Fund for the Talking Therapies

 

As you may know, the Government plans to introduce statutory regulation for psychotherapists and counsellors via the Health Professions Council (HPC). The initial consultation concluded that HPC was the wrong regulator, as it applies medical-style models of healthcare management to a field which, for a large part, does not subscribe to these models and values.

 

The talking therapies have always offered a system of values that is independent of those of the State, and if the current proposals are pushed through by government, it will no longer be possible to practice psychotherapy and psychoanalysis in the way they have been practised for the last 100 years. HPC regulations would effectively destroy analytic practice and deprive each individual of their free choice as to which therapist they could consult.

 

If you’d like to know more about what’s going on, please look at The Maresfield Report which is available at www.psyreg.co.uk and also have a look at the websites www.coregp.org or www.allianceforcandp.org.

 

We are fighting here for the heart and soul of our profession and for the ability to offer a wide variety of approaches tailored to the individual, rather than imposing mechanistic ‘treatments’ applied to passive recipients, with false promises of public protection. Psychotherapy and counselling involve relationships between people and cannot be reduced to the model of a business transaction or a medical intervention like the prescription of a drug.

 

We have been lobbying now against HPC for more than a year and several groups have decided to take this further via legal action. We’re organising a fighting fund to instruct a top constitutional law firm with a leading QC to fight these plans. HPC were required to assess the 'regulatory needs' of the field and its own suitability as a regulator, yet they have neglected both of these tasks. Legal challenge will hopefully make a proper consultation on these issues necessary, which would include all stakeholders. While nothing is guaranteed, at the very least we would hope to achieve delay, rethinking and proposals more suited to our profession.  The best case scenario is that we can make the Government – especially the NEXT Government – think again about taking forward proposals which have unprecedented levels of objection and opposition from our field.

 

We are seeking to raise money for this fund from individuals and organisations in our field. If you care about the talking therapies and want to help, please ACT NOW.  Any donation, however small, will help.  We already have many pledges towards the £200,000 we may need to raise.  You can pay by instalments or give us a single sum. Details of the legal challenge and of how the money is being spent will be posted at www.psyreg.co.uk.

 

Here are the details:

 

Transfer is the best method of payment: please send to:

 

JR Fighting Fund, Lloyds Bank

Sort Code 30-00-04, Account 02101964

 IBAN is GB87 LOYD 3000 0402 1019 64

 BIC is LOYDGB21019

 

or send cheques made out to:

 

‘JR Fighting Fund’

to Pine Cottage, Thornden Wood Road,

Herne Bay, Kent CT6 7NZ

 

Hoping that you’ll be able to support our campaign.

 

With thanks and best wishes

 

Christopher Bollas, Julia Carne, Anouchka Grose, Dorothy Hamilton, David Henderson, Darian Leader, Haya Oakley, Susie Orbach, Adam Phillips, Werner Prall, Simona Revelli, Andrew Samuels (personal capacity), Joe Suart, Jason Wright, Slavoj Zizek .

 

 






Qu'est ce que c'est que cette affaire?

 

Faire passer une demande de souscription pour aider de pauvres psy désemparés qui ne saivent pas se défendre tout seuls?!

Etrange que les spécialistes de la cause, du désir, ne puissent se défendre par eux-mêmes et fassent appel à la parole d'un Autre, ici le meilleur des avocats pour défendre leur cause!

 

Quelle entourloupe, quelle méprise, permettez-moi...

Si la psychanalyse ne sait dire à propos d'elle-même pourquoi  et en quoi elle échappe à toute légifération de son discours -entendez de sa pratique où le discours se passe-, et bien alors qu'elle se fasse étriper, c'est qu'elle n'est pas au fait de sa pratique, qu'elle doit se faire "baiser" par le discours du maître et du capitaliste, ou de la science.

 

Que la psychanalyse passe au tribunal ou au parlement pour faire entendre son hors champ de l'emprise de tout discours sur elle, ou de n’importe lequel sur un autre – à part sur celui du capitaliste qu’il sera bon d’éradiquer-, c'est une chose, un fait de société. Mais qu'elle fasse appel à des avocats, à des experts juridiques pour défendre sa cause, c'est qu'elle ne perçoit pas bien qu'elle est elle-même hors lieu d'une maîtrise du sien de discours, qu'elle n'a pas assez pris la mesure du Réel pour en faire valoir l'extraordinaire de son chant et de son champ, pour en faire valoir son être, son essence et sa propriété commune, son avenir.

 

Qu'elle aille au tribunal, dans ce cas là, cela la fera travailler sur sa raison d'être, sur sa cause et sur sa manière de la défendre.

Mais jamais, il ne peut être question que ce soit par des avocats, par des « maîtres » en la loi, en la maîtrise des règles.  Qu'elle compte pouvoir s'en sortir avec des arguments juridiques venant de ce discours-là, qu'elle s' attende d'être épargnée comme ça, c'est une méprise totale de l'affaire, et  faire perdre beaucoup d'argent à des naïfs ou des dupes, pour rien.

 

Que les analystes parlent en leur nom d'abord et uniquement, quel qu'en soit le risque et le prix. Qu'ils s'arrangent avec la subjectivité de leur époque pour savoir qu'en dire, où et comment ils se situent.

S'ils n'y parviennent pas, c'est qu'ils ne sont pas au fait de leur objet, la psychanalyse, c'est qu'ils ne « méritent » aucune aumône.

Cette "psychanalyse-là" qui fait pitié, n'aurait pas fait le tour de sa question... elle n'aura pas été jusqu'au bout de sa révolution. Qu'elle poursuive son chemin ou qu'elle crève!

 

Implorer l'aumône et cette solidarité pleurnicheuse et victimaire, mais quel parjure vis à vis de la cause!

 

Non, et non... mais des éclaircissements, des appuis langagiers et conceptuels pour amener à une parole pertinente, oui. Une relance de travail dans un transfert d’ Ecole et de Cause, en soutenant l'éthique de l'inconscient, du réel, de ce qui toujours doit être tenu dans l'échappée pour qu'il y ait désir, pour qu'il y ait parole, pour qu'il y ait forme humaine dans la société d'aujourd'hui,  cela oui... mais de l'argent pour faire parler un Autre, non ! Quelle sinistre simagrée, quel détournement, quel fourvoiement de la cause!

 

Comprenne qui pourra.

 

Il faut oser dire "je sais". Et se défendre sur sa seule certitude de l'analyse.

Aussi, c'est bien qu'elle se fasse attaquer, cela aiguillonne son travail, oriente sur ce qui lui reste à faire pour pouvoir prétendre ad vitam et pour sa cause, celle de l'entre-tenu de la causerie humaine, de ce qui fait exigence ultime pour l'homme, sa condition d'être parlant. Il faut oser aller dire  « je sais, vous vous trompez, messieurs les juges, les parlementaires » et se défendre bec et ongle. Car eux, n'auront pas de vergogne à dire "nous savons" comme un seul groupe, en promulguant des interdictions, dont celle de l’analyse. C'est d’ailleurs ce qu'ils font!

 

A ceux qui l'attaquent, commençons par  demander  « Qu'est-ce que c'est que la psychanalyse, vous qui ne l’avez jamais pratiquée ou peu ? Qu’est-elle donc en dehors des ragots de ses déçus ? »  et développons, nous-mêmes ce qu’elle est, dans son affiliation. Si nous ne le pouvons, c'est qu'il nous manque d'avoir perçu quelque chose qui fait l'essentiel de la cure.

 

Demander à des avocats de dire comment, pourquoi la psychanalyse n'est pas ci, n'est pas ça, est cela est ceci... mais où va-t-on?

 

Sur le site "Révolution-Psychanalyse", on trouvera des éléments de réponse à l'indigence prononcée. Il faut travailler sur cette question de sa certitude. Et si elle flanche trop, qu'elle ne sait plus où elle se trouve, retourner au charbon. Je sais. Ce n'est pas facile. Il faut tenir et y aller de son propre dire ou alors changer de métier.

 

Daniel DEMEY

 

 




 
 
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