REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

Père !... Le retour... à sa juste place.

Père !... Le retour... à sa juste place.

 

La réalité nous convoque... dans les rues de Barbès ou de Sarcelles, en Palestine, comme dans nos institutions et nos familles. « Le Père » de la vérité paranoïaque s'invente son ennemi de toujours dans les frémissements d'agitation de l'autre, infâme, à la prétention nue et indécente comme un ver de terre. « Plus tu t'agites, plus tu te manifestes étranger à moi, plus je t'écrase, plus je te méprise de mon droit et de ma puissance imaginaires passées dans le réel. Plus je jouis de cette place de réelle perversion de ce rappel à l'ordre dont je suis le tenant et l'aboutissant. Place d'érection dans l'élection du seul, sachant, qui empêche tout pas de côté, et fait peser sur l'autre, le poids de l'immonde où sa vie n'est plus qu'une tolérance, un appendice du pouvoir de l'Empereur face à la vox populi.

 

Il est si urgent de parler de ce qui ne se fait pas,

lorsqu'on voit l'horreur de ce qui se fait

et on sait pourtant, comme toujours, que le symbolique n'y changera rien,

qu'il viendra au contraire encore apporter de l'eau au moulin de cette horreur

car ce n'est pas de ce savoir, de se savoir que le monde a besoin,

mais de ce que le beau, dans l'imaginaire de chacun pourra déposer, d'épouser ;

seul ce rapport au réel qui s'aime, qui sème le beau,

que Lacan traduit par l'amour, l'(a) mur, dira-t-il en fin,

est capable de nous sortir de là,

de cette erreur, qui finit toujours par de l'horreur, à coups de Père-version, d'une mauvaise place du « Père », d'une exagération dans ce qu'on aimerait qu'il sache pour nous le dire  ce qu'il faut faire et qu'on ne se prive pas alors de fer, par « amour », pour lui, pour sa vérité : notre varité.

Herreur de mettre encore et encore du savoir, du symbolique, où il ne devrait y avoir que de la jouissance,

la jouissance de ce beau.

 

« Il n'en reste pas moins que l'amour est le rapport du réel au savoir. »

« Il y a le rapport de réel d'un certain savoir (je souligne) et l'amour bouche le trou. » J.L les non-dupes errent. 18/09/1973

 

Ce beau qu'elles portent en elles, dont elles ont le secret, du féminin, qui nous échappe, dont elles nous donnent de pouvoir croire en elles, qu'elles ne mentent pas, que pour une fois, on touche en-corps à notre vérité.

 

Ce beau qui nous étoile, et nous permet de croire au ciel.

Là, seulement là, la fonction du symbolique ne se père pas dans ces délires des hommes sachant ne laissant rien aux femmes.

« C'est à l'imaginaire du beau qu'elle (la psychanalyse) a à s'affronter, et c'est à frayer la voie à un refleurissement de l'amour en tant que l'(a)mur… comme je l'ai dit un jour, en l'écrivant de l'objet(a) entre parenthèses plus le mot mur …puisque l'(a)mur c'est ce qui limite. » ibidem

 

Sans « cet amour, sans cet (a)mur » de la fonction dans l'acte analytique, le symbolique a tôt fait de nous plomber le réel. Et c'est des bombes, y a qu'à voir le ciel alors, que ses orages préparent.

 

Petites bombes en plombs de carabines de foire-dans la famille- de cartouches de chasseurs privés aux missiles sol-air des armées pubiques, en passant par la 22long et la Kalachnikov du social.

Nous « résistons » sous ce ciel.

Mais aimons-nous assez la pluie ?

 

 

Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, ces derniers jours,

Une vignette assez « banale »...

 

Un jeune homme et une jeune femme se font renvoyer d'un projet de réinsertion par le travail dans une association bien connue qui accueille des stagiaires adultes plusieurs mois en hébergement, leur offrant l'apprentissage de différents métiers.

 

Les deux jeunes avaient formé un couple. Ils se sont absentés quelques fois dans un laps de temps assez court pour des raisons liées à leur vie de couple sans donner de motifs, que l'association ne demandait pas. Cette absence n'était pas la conséquence d'une plaisanterie. Le motif en était si grave qu'ils ne pouvaient en parler, pas dans ce milieu-là en tous les cas.

 

Ces absences dont les 2 jeunes ne parlaient pas auraient été vécues comme des signes de « je m'en foutisme » et le chef de chantier en aurait été irrité. Lors d'une altercation verbale, il manifeste son ras le bol vis-à-vis du jeune et le ton monte. Le chef de chantier finit par dire à ce jeune « dégage » ou quelque chose de ce genre « je vais te faire dégager ».

Le jeune ne se démonte pas et réplique que " non , il ne dégagera pas" et que si le chef de chantier veut le faire dégager, qu'il appelle la police.

Le chef de chantier se serait emporté et mis en colère. Une échauffourée s'en serait suivie ou tout au moins une bousculade énergique.

Les deux jeunes dans les heures qui suivent, sont renvoyés de l'association et leur stage s'arrête illico, malgré les bons rapports jusque-là avec d'autres formateurs de métiers.

 

Un malaise s'empare de plusieurs jeunes adultes qui ne comprennent pas l'exclusion, ainsi que de quelques formateurs du lieu qui vivent mal cette éviction. Des questions sur l'institution surgissent soulevant des contradictions entre le but de réinsertion de l'association et ce limogeage. Certains stagiaires restent avec un sentiment désabusé alors que l'idéal de l'association est mis à mal.

Il faudra plusieurs mois pour que des personnes puissent se redire bonjour.

Prendre parti fait craindre des sanctions. Et le conflit dans sa violence pose encore des questions aujourd'hui. « Comment une association où cela allait si bien en arrive à çà ? »

 

Le chef de chantier face à ces interpellations de stagiaires et collègues aurait dit « C'est déjà arrivé, et 10 ans plus tard, ces jeunes viennent me remercier! ».

 

J'essaie de lire cette vignette en intégrant la question du « paradoxe du désir ».

 

Un jeune sort de l'assignation au signifé du « stagiaire en réinsertion. Il trouve une femme avec laquelle il vit une histoire amoureuse le faisant devenir un « homme ».  Au moment de l'assomption du sujet dans son désir lorsqu'il tient tête au « maître » :« Non, je ne dégage pas, et si tu veux me faire dégager, appelle la police ! », le formateur en position de maître s'emporte dans un passage à l'acte digne d'un « père devant son fils prêt à lui mettre une trempe.

« Scène de famille », sauf qu'elle se passe dans un milieu professionnel et de métier de formation et qu'elle ruine peut-être des mois d'apprentissage et de confiance en mettant fin inopinément à un processus de formation.

 

Or, au vu de cette situation assez banale, il faudrait que le sujet jusque-là assigné au signifiant de stagiaire se réapproprie comme effet de formation  -qui comprend tous ses aspects « d'habitation » (le lieu, les activités, les relations...)- l'espace de son acte dans sa parole : « non, je ne dégage pas » « si tu veux me dégager, appelle les flics ». Il faudrait que le sujet retrouve du « Un » et le signale dans du réel et, paradoxalement, très souvent dans les milieux institutionnels, c'est à ce moment de « vérité » d'une assomption du sujet en la personne que le poids du langage, la force du discours reprend le dessus au niveau de l'institution et de son langage.

 

Il faudrait toujours dans ce qui fait réalité sociale, qu'à l'indomptable de la position du réel du sujet symptomatique, la force du discours de l'Autre se concrétise et l'emporte. A quoi contrevient le discours de l'analyste.

Quand du sujet advient, la violence du discours reprend son cours et ses droits. La jouissance de réel du symptôme ne fait pas lien, et le sujet en tant qu' individu se heurte à l'Autre du discours.

Principe du féminin, de ce qui se véhicule de la jouissance de la lettre, hors symbolique, et affirmation de cette jouissance hors castration du sujet symptomatique, contre principe « masculin » de l'affirmation de la domination de l'ordre du discours et du langage dans une maîtrise escomptée du symbolique.

 

Le paradoxe du désir, c'est que toujours le réel vient faire trou dans le symbolique là où celui-ci vient toujours à manquer du côté de la jouissance; jouissance qui pourtant ne s'en laisse pas compter car elle est par la lettre, par le « UN » de l'essaim, hors symbolique, et donc hors castration.

C'est cet ajustement là, d'un possible savoir faire avec la jouissance auquel la fonction du psychanalyste s'attache de ne pas le repousser. Ethique du réel.

 

Le dire que non est un signalement du Un. Il implique le symbolique à partir du réel, du trou dans le symbolique comme une père-laboration. Le dire que non, entretient le père, la version du père, la père-version, celle de l'identification à son symptôme, non au symbolique.

« Deviens ce que tu es » dira Nietzsche.

 

La jouissance hors castration, car hors symbolique de la lettre, est ce qui passe du corps de l'Autre parlant et désirant au corps jouissant de l'enfant.

Le S1, l'essaim, à partir duquel s'amorce la chaîne signifiante, l'entrée proprement dite dans le langage, dans un discours, est comme ce que Lacan désignait en tant que point de capiton. Cette jouissance, ce point de réel hors symbolique est paradoxalement le point d'entrée dans le symbolique.

Il est du fait de la mère, dans sa fonction qui n'est pas comme on la stigmatise souvent -fonction primitive, crocodilienne – mais secondaire, de transmission de la langue par lalangue, fonction seconde de la femme, qui est symptôme du père, à sa place consentie de jouissance de ce symptôme où elle est.

Car si pour un homme, ce qui fait qu'il devienne un homme et un père est de faire d'une femme son symptôme, pour une femme, d'être femme, un jour, c'est alors logiquement, d'être ce symptôme... et cela se traduit chez elle, par un au-delà de la jouissance, dans une manifestation de la jouissance de son réel hors symbolique, et hors castration. Car être le symptôme d'un homme, ne comporte aucune identité puisque La femme, n'existe pas, et « être le symptôme » dans sa joissance de réel, renvoie à la perte en l'homme de son identité. Un homme, on a coutume à le dire, se perd dans la femme.

 

Oui, il se fractionne. Il se divise... passe de son rapport symbolique (identitaire) au réel de la jouissance qui ne lui appartient plus-puisqu'il la perd.

 

De là, il vient qu'il nomme par amour. Qu'il puisse d'abord la nommer elle, sa femme, puis ses enfants comme « reste » de ça.

 

La place du père, ce n'est pas de placer son identité dans l'autorité ou dans le pouvoir, mais dans la père-version de faire d'une femme son symptôme, ce qui tient le discours comme un semblant, un paravent sur la jouissance de l'intime, et prévient de l'inviolabilité du refoulement originaire qui se trouve dans cette jouissance inter-dite, comme un éclairage du réel, dans ce que le symbolique y fait trou.

 

La nomination de l'autre, alors, est le signe de l'ordre de cette jouissance, que c'est par elle et avec elle que l'(a)venir est dans le symptôme et que tout sujet y est appelé depuis son nom.

 

Daniel DEMEY

 

Le 22 juillet 2014

 

 

 

 

 

 

 




 
 
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