REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

L'objet à ,pour l'amour,celui du « rendez-vous à » avec accent, qui ne se consume pas, qui d’éternité ne peut que se présenter pour, à la vie

 

Le cabinet de l'analyste est une instance du « Bureau des « objets perdus » ».

 

Il n' y a pas que de « se rendre vers », dans un rendez-vous, il y a je pense et surtout « se rendre à »

C'est cela qui fait le nœud et le noué d'un rendez-vous.

Qu'il convoque de se rendre à.

C'est là qu'il est le plus beau dans l'accompli d'une anticipation.

Qu'il est aussi le plus périlleux, le plus extravagant peut-être,

Le vrai trésor ne réclame aucun compromis..

C'est la béance de ce -à- qui dessine, fait la destination et le destin

de l'amour.

 

C'est pourquoi Il faudrait écrire l'objet a de Lacan avec un accent.

Car c'est le -à- du rendez-vous avec l'amour… à l'amour

sans quoi, ce a sans cet accent-là, sans cette indication dynamique d'un sujet de l'acte, il pourrait se perdre de n'être qu'objet de consommation nous consumant !

 

La destination de l'objet perdu n'est-il pas d'être un jour retrouvé ?

 

Voilà qui fera hurler les loups dans la tanière du savoir.

Bien sûr, l'objet perdu ne se retrouve pas comme tel, puisque l'objet a est à sa propre béance, le trou, le lieu du nœud du trou dans l'intersection des trois registres -RSI- où l'a positionné Lacan.

 

C'est une image que de le dire car en effet, l'objet perdu dans son destin d'objet perdu est d'être ramené à ce « bureau des objets perdus », et là, son propriétaire peut le récupérer comme son objet perdu mais retrouvé.

Sa propriété de béance n'en est pas affectée...mais par contre, le chérissement du propriétaire à son égard en sera tout autre qu'avant de l'avoir «perdu ».

 

Nouvel amour, lieu du nouvel amour dans ce retour du sujet à la propriété retrouvée de son objet perdu.

 

Mais comment cette béance retrouvée peut-elle à ce point être aimée ?

Il en va de l'amour.

 

Cet amour est concomitant à cette retrouvaille.

Retrouvaille de structure. Non plus dans la dimension méthonymique de l'objet perdu, sur laquelle se porte le déchiffrage, mais dans un point d'événement, de rencontre avec une nomination de son symptôme, de sa jouissance. Rencontre qui fait reconnaissance de son nom, « son nom de symptôme » (C.Soler) et qui marque le passage vers la fin de l'analyse, passage de la « jouissance » de l'analysant liée à la scène analytique du déchiffrage, le supposé au savoir et le transfert, à celle de son symptôme dans son nom- son savoir inconscient- qui rend presque simultanément la scène analytique insupportable encore à fréquenter, d'autant que le (la) psychanalyste n'est plus dans la fonction transférentielle d'occuper, d'incarner encore l'objet a dans sa méthonymie puisqu'il a été « retrouvé » dans sa structure de nœud par « le trou ».

Passage obligé alors vers la «v raie vie » à partir de son réel à soi, à partir de cette intégration de la dimension de structure de l'objet a  dans sa béance, béance d'où est sortie cette « jouissance de son nom » dans l'analyse.

Dimension prise de l'a-mur :« a-mur » pour découverte du mur en quoi la jouissance du déchiffrage est « épuisante », s'abîme dans la métonymie à l'infini d'un impossible, celle du chiffre de cet objet ; « a-mur » de l'amour transférentiel en cette impasse de l'inépuisable et prise en compte d'un amour fini, d'un amour qui finit là, qui tire à sa fin, parce que l'objet a lui, jusque-là, était un objet infini d'un matériel infini dans son impossible à déchiffrer mais poursuivi.

« A-mur »  quand la réponse de nomination dans un dire d'interprétation livre sa solution de jouissance épiphanique dans l'acte d'une séparation.

L'acte du dire est de séparation parce qu'il délivre de savoir sur l'objet, de devoir en savoir sur l'objet tout en reconnaissant occupant la place de cet objet, un sujet, une singularité qui se jouit.

 

Sans cet acte, la métonymie fait l'objet a dans une matière de déchiffrage à l'infini, et par là , cet objet infini nous tiendrait à lui dans une sorte de collement au savoir, à en savoir.

Il serait un objet indétachable dans cette recherche de son savoir.

Or, l'objet a, puisqu'il est perdu est un objet détachable et détaché.

Or l'objet a est à sa propre béance, une béance, un néant.

Pas rien, car le rien n'est pas circonscrit. L'objet a est un néant, la désignation même du trou qui lui, est toujours circonscrit.

Le détachement de l'objet a, c'est d'ailleurs ce que l'on retrouve dans la pulsion à travers les 4 objets de la pulsion qui livrent en la masquant, sa béance par un bord.

Le regard, la voix, le sein, les féces… sont des bords du trou, des objets détachés et détachables où s'écrivent les fantasmes.

 

La structure de l'objet a est une structure de néant, de « néant fertile ».1 Il est, cet objet a, la structure du dire, offrant la béance du puits d'où cela sort...par le dire.

Par le dire, sortent du puits des signifiants témoignant d'une jouissance propre au dire,

« qu'on dise reste oublié derrière ce qui se dit dans ce qui s'entend » : jouissance issue de ce néant.

Je reviens un pas en arrière. Sur cet instant événementiel où l'amour est concomitant à la découverte de structure de vide mais de bord de l'objet : structure de néant immatériel donc, hors symbolique, hors signifiant. Structure de réel.

En analyse, cette structure de bord est portée par l'analyste, dans son regard sur l'analysant où lui-même acquiesce à son acte, à son interprétation dans son dire. Ce dire est d'amour ou d' « amur » dans la cure, « amur » qui en signifie la fin, amour de reconnaissance, puisque de nomination depuis son acte du nom de symptôme de l'analysant.

 

C'est un transfert de fin. A prendre au sens premier du terme. Transfèrement de la structure de l'objet a de l'analyste à l'analysant par son dire.

 

Sans cet amour, point de retrouvaille heureuse, point de nouveau regard porté sur son objet perdu.

Il sied donc de partir à sa recherche...accompagné, dans le transfert, c'est le travail d'une analyse.

Et de parvenir un jour à en trouver l'issue dans la reconnaissance de ce nouvel amour.

 

Que permet-il ? Cet amour mystérieux dit « nouveau » ?

Il permet d'avoir à le dire,

Ce dire d’urgence, faisant courir à la passe. Ce dire d'avoir été entendu dans ce qui fait sa nomination de « nouveau » sujet. Terme d’une analyse.

Dire apophantique de son nom de symptôme, de sa jouissance.

Cette jouissance alors, de son symptôme, le sujet en saisit le ressort, celui de sa béance récupérée, celle de son objet perdu retrouvé, en lui.

 

Et grâce à cette nouvelle propriété de son accès à ce qui en lui reste la perte de l'objet, l'irrémédiable trou constitué en lui mais le constituant -symptôme- ou plutôt alors-sinthome, il peut assez favorablement entrevoir, voir aussi la perte en l'autre, la reconnaître, l'aimer pour ça comme beauté de quelque chose d’être là, dans un à-venir.

 

Et de son vide à lui, de son trou, de ce ne pas savoir qui constitue sa jouissance, celle de son symptôme, se figurer et se projeter dans celle de l'autre.

Et l'annoncer à cet autre dans une reprise de ce dire apophantique qui le nomme, cet autre dans son amour.

 

Donner rendez-vous, se rendre à ce rendez-vou, dire « je t'aime »... s'autoriser de son vide pour le dire apophantiquement, est une adresse faite sortie de la béance du trou de son objet a, de son objet perdu… à la rencontre d'un autre.

 

De quoi se constitue le rêve amoureux qui peut devenir par les corps parlants de leur jouissance une réalité féconde… et assez souvent dans l'histoire de ces rencontres, donnant lieu à l'émergence d'un nouvel objet perdu, d'un nouveau lieu de destination à celui, dans l'enfant né comme reste, comme nouvel objet perdu, qui reste de cet amour.

 

Ainsi, l'objet que j'écris -à- ne se consume jamais à travers les générations.

 

 

 
 



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