REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

Révolution-Psychanalyse, Marx avec Freud et Lacan.

« Un acte révolutionnaire représente le prolétariat pour un autre acte révolutionnaire ».

 

Je ne suis pas nationaliste, ne défendrai ni l'état belgique, ni l'état français contre l'impérialisme.
L'impérialisme est un produit du capitalisme, les états-nations aussi.

Rien de nouveau à propos de ce que je pense déjà de l'inféodation de la presse aux intérêts dominants de la situation capitaliste.
"Tous les états sont criminels" Albert Camus. La violence fait partie de "la politique". Je me sens étranger à l'organisation de la politique telle qu'on en parle actuellement.

La politique ne devrait  se penser seulement qu'à partir  du moment où elle aurait rendu les choses et les êtres à leur nécessité.
Soit en n' inféodant plus en volonté et en actes, l'existence de l'homme et des moyens de sa production aux nécessités du capitalisme et de sa gestion.

Ces pré-requis s'appliquent également à la cure psychanalytique qui « rend l'homme, le parlêtre à sa nécessité » in abstracto de la situation du parlêtre dans la société et les effets de discours qui l'ont amené à demander une analyse.

« Rien de ce que vous pensiez être une bonne raison pour guider votre vie n'échappera au jugement du réel de l'analyse. Aucun sens que vous donniez aux choses risque d'encore se soutenir face à ce qui peut advenir de ce travail avec un psychanalyste. Aucune résolution que vous vous êtes donnée ne résistera peut-être encore à ce que vous découvrirez ici... » Telles sont les paroles oraculaires qui séparent un quiconque du franchissement de ce seuil à son entrée dans une cure psychanalytique.

Avouez qu'il faut être mal en point dans sa vie, ou encore bien engagé dans son malaise pour faire ce pas qui ne va pas dans le sens d'une partie de plaisir !

Savoir que des millions, des milliards d'êtres humains ont déjà leur destin inscrit et écrit dans la préservation de ce monde globalisé du capitalisme, n'y comptant déjà plus que comme des "êtres-morts", des "étants" et ne sont plus que des choses pour cet ordre, m'empêche de discuter avec les pouvoirs personnifiés de cet état de choses : ceux et celles qui se présentent et se prétendent d'être des hommes et des femmes engagés dans la politique !
Il n'y a qu'un Etat, qu'une nation au monde actuellement, c'est celui qui fait adhésion à l'idée que la politique c'est cette gestion de l'existence et de la production comme chose de la nécessité du capitalisme et qui s'accommode de cela soit disant "par réalisme" ou par "nécessité" détournée.

 

Face à cet Etat, il n'y aura d'autre Etat politique que celui qui visera sa destruction. C'est tout à fait ce que disent Marx et Engels. Le "Communisme" n'est rien d'autre que la destruction par « la force » de l'Etat capitaliste et la destruction en même temps de l'Etat de cette force de destruction.
L'agent de cette vérité est le prolétaire, non dans sa généralisation d'étant du capitalisme, non dans une catégorisation sociologique, mais dans et comme processus politique de son être sortant, s'extirpant de l'étant capitaliste pour devenir « ce sujet révolutionnaire » appartenant à une classe de « vérité » dans le discours assassinant le discours capitaliste - le prolétariat.

 

L'organisation des prolétaires en prolétariat ne se fait qu'à partir du moment où l'étant du capitalisme est dépassé par un ex-sistant du discours : le parlêtre dans son essence politique auquel Lacan a donné le nom.
 

Le "Communisme" est l'avènement d'une ex-sistence dans la forme de l'Etat.  
Soit une sortie de l'Etat de "l'étant" de la société (capitaliste) par l'être dans son existence.
Le "Communisme" est ce processus d'extirpation de la situation capitaliste qui se déploie, elle, uniquement dans l'exigence et la contrainte objective, matérielle, économique de étant. Extirpation jusqu'à ce que l'homme se redote des et se redonne structurellement  les moyens de son ex-sitence, soit des moyens langagiers de désir de cette existence.

Sortir du discours capitaliste de l'étant pour l'homme est la vocation subversive du discours psychanalytique dans notre société. Le discours psychanalytique est un lieu qui se fait offre et service du parlêtre, de "l'homme-étant", propice à le rendre à son "homme ex-sistant" par la voie et la voix de l'inconscient de son désir, du désir inconscient.

 

C'est aussi ce qui le fait naître « politiquement », à sa nécessité réelle, à son enfance politique de nouveau-né, dans sa subversion totale du discours capitaliste. Celui qui reconnaît sa nécessité réelle ne peut que rentrer en conflit avec les déterminations objectives et mortifères de la Chose capitaliste.

 

Sa subversion le constitue en errant du discours - « les non-dupes errent » - et en défaut du discours du maître, lui reconnaissant sa ou ses failles, et lui donnant de nommer « la révolution » nécessaire comme l'hypothèse d'une nécessité humaine.

L'étant lié à la chose, n'est qu'un moment passager dans l'ex-sistence de l'être qui n'a de cesse de se refaire à la source de son néant, d'une gratuité de l'heurt avec le Réel, dans sa rencontre le poussant. Réel qui ne veut rien, qui ne demande rien, qui ne dit rien, mais qui revenant toujours à la même place dispose de l'être ; Réel qui s'éprouve le mieux dans la répétition d'une jouissance sexuelle le perdant cet être, dans laquelle, petite mort oblige, il « gagnerait idiotement sa vie à la perdre ». Là, il se pose des questions quant au sens de sa vie, et cela le projette dans un effroi souvent... n'y trouvant rien, il cherche continuant à s'éprouver réellement, disparaissant.

 

Le réel de cette disparition auquel il s'adonne lui devient son nécessaire. Il n'est plus dupe de sa propre vie. Il sait que la mort est au bout et qu'il n'a pas de chance, aucune même de survie au-delà de ce temps où quelque part il est écrit qu'il en a seulement un peu « du temps » pour lui.

Et de cela -qu'il n'est plus dupe de son étant -sinon que de son ex-sitence, lui fait comme porter dans le langage et le désir cette révolution, cette trouée de jouissance, à maintenir de manière permanente dans sa gratuité. Ce n'est que par elle qu'il peut la rencontrer, et qu'elle se donne à lui. De n'être dans aucun plan sinon celui de se consacrer à ce moment.

 

La psychanalyse est dans la portée subversive de son discours, contre tout Etat de l'étant, de la chose trouvée qui finit le temps, le clôt dans son étant.

Elle est subversive principalement à notre époque, puisque cet étant, du monde de la chose, est à son pic de développement dans le discours du capitalisme. Il n'y a plus que de la chose, du matériel « humain » réifié dans l'objet de la Valeur, au service de ce sujet abstrait du seul Dieu qui commanderait tout.

Ainsi, la psychanalyse aujourd'hui rejoint-elle dans son discours la position antinomique à celle de l'Etat de l'étant capitaliste, Etat de l'étant pour lequel elle devient la cible.

 

Mais et même si, en tant que tiers, que lieu d'absence ou troué dans son discours, qui en fait un lieu où le politique pourrait mal de se retrouver - car la psychanalyse reste le lieu qui maintient le trou dans le discours du maître - elle va jusqu'à faire en sorte que « ses hommes » se débarassent définitivement de la question entravant leur nécessité à celle du capitalisme, leur nécessité devenue alors  libre des nécessités du capitalisme et pouvant réellement se conjurer dans le désir.

Car la nécessité est conjurée dans le désir. L'étant devient plus que de l'étant, devient de l'ex-sistant, dans le signifiant nouveau, dans l'acte d'un dire porteur de l'inconscient du désir et de ses objets hors de ceux de la sphère fermée réifiante du discours capitaliste. Ouverture sur de la liberté.

 

C'est ce qui détermine la seule position politique des psychanalystes éthiquement correcte dans ce qui les oppose à l'Etat de l'étant : leur autorisation du Réel, à se déterminer en dehors de tout discours du maître « politique » et uniquement par la seule nécessité de l'inconscient de leur désir qui fait le désir du psychanalyste.

 

Le psychanalyste est ainsi, dans la situation sociale actuelle, peut-être bien l'étant au plus près de la conscience révolutionnaire, de la conscience à même de soutenir ce « sujet de classe du prolétariat » tel que l'a définit Marx, non pas comme sujet en soi, mais d'une vérité qui marche, présente à travers le processus révolutionnaire de lutte contre le Capital, soit, quelque chose qui n'est pas loin de préfigurer le sujet lacanien dans sa célèbre formule : « un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant ». Pas de prolétariat dans le « sujet du prolétaire »... dans la conscience. Mais un prolétariat dans la résultante de l'acte révolutionnaire, hors de l'étant capitaliste: « Un acte révolutionnaire représente le prolétariat pour un autre acte révolutionnaire ».

Le sujet de l'inconscient est le sujet révolutionnaire.

 

 

Le point le plus élevé pour soutenir l'ex-sistence de la psychanalyse dans notre société, est pour chaque psychanalyste d'en arriver à se déterminer dans une organisation de la psychanalyse qui fasse politique vis à vis de l'Autre non troué du discours capitaliste, qui se présente comme seul maître  disposant d'elle!

Pour rompre avec le discours capitaliste, pour soutenir l'ouverture du discours psychanalytique face à ce discours d'Etat Tout Puissant, les psychanalystes doivent être capables de se saisir à la charnière de ce passage de l'étant à l'existant, dans un discours d'organisation qui soutient qu'ils sont à ce passage et qu'il sont capables de faire face, de se présenter à la Toute Puissance (du discours du faux maître capitaliste), sans être démontés, c'est à dire en « étant » capables seulement et simplement de soutenir cette place de réel dans le Réel.


C'est une nouvelle démonstration pour indiquer que le signifiant Révolution est intrinsèquement lié à celui de Psychanalyse et qu'aujourd'hui, on ne pourrait psychanalytiquement en faire l'impasse.

 

Pour sauver leur peau dans la situation de l'étant capitaliste où ils ne comptent que comme chose réifiée à l'ordre et à la soumission d'un Etat mondial ( Dsm, comportementalisme, cognitivisme, scientisme de la psychologie...etc) la psychanalyse par la voix des psychanalystes, doit s'inscrire dans la dit-mension de son éthique, celle du Réel, en faisant trou dans la situation langagière et « pseudo-désirante » du capitalisme, en se prononçant politiquement dans cette nomination au trou de cette situation... en révoquant sa finitude d'étant, la perlaborant du signifinat qui révèle la psychanalyse et la réveille à ce Réel : Révolutionnaire.


On ne pourra parler de « la politique » qu'après s'être débarrassé des entraves actuelles faites à la nécessité. Il n'y a de politique que de sortir en s'en débarassant de l'étant capitaliste et de sa force à le reproduire dans sa détermination de chose remplaçant une autre chose, dans sa détermination de mobilité et de flexibilité perpétuelle.

La psychanalyse ne survivra que si elle entre dans une temporalité politique qui accompagne la production de son lieu, de ses moyens et de son ex-sitence comme de toujours en dehors de l'étant capitaliste, de cette destination de chose  et seulement si pour les psychanalystes son lieu est déclaré comme adresse de cette offre d'un autre désir, d'une autre réalité que ceux où la société néo-libérale, scientiste et technologique se propose de nous amener.

 

L'acte psychanalytique dans sa proposition première d'exi-stence comme lieu de son discours se comprend aujourd'hui comme « acte révolutionnaire qui représente le prolétariat pour un autre acte révolutionnaire ». Il faut soutenir sa nomination là, dans le parti d'une absence de neutralité, pour la voir rejoindre la subjectivité de son époque.

Daniel DEMEY LE 16 octobre 2012




 
 
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