REVOLUTION-PSYCHANALYSE
Pour un mouvement révolutionnaire au sein de la psychanalyse

Y-a-t-il un solde cynique à une psychanalyse
qui a trouvé le ressort de sa fin dans le réel ?

 

Ce "solde cynique" est l'illusion d'un désenchantement qui n'a pas lieu quand l'analyse est menée à terme de son réel. Cette position d'une subjectivité "cynique, désabusée, désenchantée  » dont on ferait cas d'identification « de fin » et « posture » de l'analyste, est une illusion propre au champ de l'analyse qui ne comprend pas sa sortie par le réel: une tautologie du signifiant dans le signifiant.

 Car la fin par le réel, c'est l'ouverture du sujet à l'acte du dire de sa sortie, de son extraction de l'analyse qui par son ex-istence, fait qu'elle ex-siste, dans la prise de ce réel par son bord, qui dépasse le champ de l'interprétation du signifiant.

Le terme, c'est au sujet de l'inconscient, d'en sortir, dans un « je m-ens sors » comme extraction du dire.
La naissance d'une sortie d'analyse n'est ni triste, ni désabusée, ni désenchantée de naître.
Au contraire, elle est des plus heureuse comme ouverture, disposition à l'événement d'une condition au symbolique, à la castration dont elle entérine l'assomption. Nouage de RSI.


Daniel DEMEY 30/12/2013

Y-a-t-il un solde cynique à une psychanalyse
qui a trouvé le ressort de sa fin dans le réel ?

 

Ce "solde cynique" est l'illusion d'un désenchantement qui n'a pas lieu quand l'analyse est menée à terme de son réel. Cette position d'une subjectivité "cynique, désabusée, désenchantée  » dont on ferait cas d'identification « de fin » et « posture » de l'analyste, est une illusion propre au champ de l'analyse qui ne comprend pas sa sortie par le réel: une tautologie du signifiant dans le signifiant.

Car la fin par le réel, c'est l'ouverture du sujet à l'acte du dire de sa sortie, de son extraction de l'analyse qui par son ex-istence, fait qu'elle ex-siste, dans la prise de ce réel par son bord, qui dépasse le champ de l'interprétation du signifiant.

Le terme, c'est au sujet de l'inconscient, d'en sortir, dans un « je m-ens sors » comme extraction du dire.
La naissance d'une sortie d'analyse n'est ni triste, ni désabusée, ni désenchantée de naître.
Au contraire, elle est des plus heureuse comme ouverture, disposition à l'événement d'une condition au symbolique, à la castration dont elle entérine l'assomption. Nouage de RSI.


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« Déréliction et grâce dans le transfert qui par le désir de l'analyste soutient l'analysant en cette confrontation de son être devant le vide, dans la parenthèse de son symptôme « perdu », effacé, qui n'aurait plus l'objet phallique de son sens, d'une signification pour encore le signifier, lui, et l'identifier. » D.DEMEY in Pour ceux et celles qui n'y croient plus, la psychanalyse du Père Noël.

http://www.revolution-psychanalyse.com/la-psychanalyse-du-pere-noel.php

 

 

Sauf que le psychanalyste ne s'occupe pas de « l'être » de l'analysant, il s'occupe de son avoir du symptôme.

La psychanalyse s'arrête au bord de l'être. C'est ce que dit Lacan dans « Joyce, le symptôme II». « Nan na kun », soit, que nous n' avançons que par le réel du symptôme, dans l'inconscient qui nous habille de lui, du symptôme. Notre corps parlant est celui de l'inconscient du symptôme et de sa jouissance.

Le symptôme, on l'a. Depuis le moment où l'on est dans le parlêtre, dans un rapport à une jouissance perdue dont le symptôme est manifestation de comment chacun, nous nous sommes bricolés psychiquement pour y faire face (à la jouissance perdue), au fait de notre « décision insondable » à chacun d'être parlant, dans le désir et la demande, par notre jouissance du symptôme.

 

Nous sommes « être du désir, dans la demande », habillés et habités du symptôme, mais ne touchons à cet « être » que et seulement dans la division où le symptôme et sa jouissance d'Un rencontre et répète la castration, la limite de l'autre dans son Un, et, où alors, nous nous accordons, (nous nous donnons à nous-mêmes), au corps de notre jouissance d'Un avec celui de l'autre, dans le Un de sa jouissance, de son symptôme.

 

Ce n'est que dans l'ordre du signifiant que nous rencontrons la division. Le signifiant nous divise en tant qu'il est ce qui nous permet de nous articuler dans le désir vis-à-vis de l'objet perdu, dans sa place de l' « inter-dire », non comme saisie d'une réponse à tout, que donnerait la signification, mais comme place d'articulation dans ce qui du signifiant et par lui, échappe à la signification.

 

Que l'amant se porte à l'amante par son dire, dans le signifiant qui ne consigne pas l'autre, ne l'assigne pas à une occupation prescrite, à un rôle dans une signification fermée.

 

« Le signifiant représente le sujet pour un autre signifiant ». D'un signifiant à l'autre, il y a le dire, dans l'entre deux du signifiant, auquel l'autre consent à se « prendre », à s' attacher, à se lier, non comme signification, mais comme et avec son « symptôme d'être parlant », avec le signifiant de sa réponse, sa réponse dans le signifiant.

 

La parole nous lie, mais aussi elle nous délie. Et celà vient de ce que le désir justement s'articule du signifiant et non d'un signifié-à, dans le consentement d'une signification dont les mots sont le véhicule de l'attachement, ou du détachement. La division opère là, dans le choix du signifiant et l'espace que toujours il laisse à la décision, à la castration dont l'autre est celui qui tient « le manche ». La maîtrise de la réponse ne nous appartient jamais.

 

« J'ai envie de toi...oui, moi aussi...j'ai envie de toi, de te retrouver »

« J'ai envie de toi...non, je n'ai pas envie de toi, je ne veux pas te retrouver »

 

 

Notre « être », nous le touchons par défaut de l'Un, d'y être « tout à l'Un »... sans castration. Notre « être », nous y touchons, seulement si nous rencontrons le consentement de l'autre à notre  pulsion mise dans l'objet du désir qu'il porte par un trait sur lui : trait du regard, de la voix, de la prise de bouche (oralité) du don ou de la perte (anal), et dans la confusion où le « rapport sexuel » des corps, nous y situe, comme justement divisé, accomplissant notre désir dans ce qu'il n'est et sera jamais que ce que le consentement de l'autre permet d'y croire, qu'il va s'y trouver, s'y accomplir.

 

Dans l'acte du rapport sexuel des corps, nous réalisons l'objet perdu, dans lequel se situe notre « être » que nous n'atteignons jamais, mais auquel -dans la jouissance, le plaisir que nous avons de nous toucher, de nous embrasser, de nous attacher, et de nous détacher (coït) - nous donnons sa forme d'évanescence.

L'être nous échappe toujours, mais il se tient de ce que de nos symptômes, nous nous accordons l'un à l'autre, de nous donner à nous, justement, le fait qu'il nous échappe.

Et parfois, dans la jeunesse des corps, des femmes et moins des hommes, ces corps symptômatiques, se vivent aussi à vouloir, à désirer, à accepter de pourvoir à l'espace d' un autre symptôme de corps parlant que celui de leur symptôme à deux , dans celui qui venant d'eux, fait trois, est partie pour le trois.

 

A l'être, le symptôme du corps parlant y amène par défaut, par là où il s'entend de sa castration, de ce qu'il est divisé par le symbolique, bien qu'il n'apparaisse que dans le semblant de faire Un.

Notre être, dont nous ne savons pas plus que ça qu'il n'est jamais qu'au sens, à la perspective qu'il ex-siste, sans qu'il ne s'attrappe jamais, dans ces moments de « grâce » , joyeux, où il nous semble y toucher et y avoir touché.

Croire au désir, à l'inconscient du désir, c'est porter sur soi, le stigmate de cette assomption de la castration, comme une révélation, « ..toute l'oeuvre de Freud se déploie dans le sens de la révélation, et non de l'expression. La révélation est le ressort dernier de ce que nous cherchons dans l'expérience analytique » J.Lacan Séminaire I pg 59

comme la révélation de notre marque de fabrique de l'avoir, non pas de l'être, et de la réjouissance qu'il y a par l'avoir, de toucher à l'être, comme nous touchons à « la femme (qui) est une  figure de l'au-delà de l'Oedipe dans la mesure où sa jouissance n'est pas toute prise dans la régulation phallique » C.Soler cours 2012 pg 37, de toucher « à notre être » par le bord qui nous fait entrevoir « Dieu », la jouissance de la femme dans son au-delà de la jouissance phallique, dans sa jouissance de « pas toute dans le phallique ».

Et nous connaissons dans l'expérience sexuelle et/ou de notre rapport à l'Autrebarré, dans le transfert « de cette jouissance de séparation », l'évanescence de notre  être , comme moment de grâce, où dans le sexe et/ou dans le « dire sexué » (C.Soler) qui d'' « avoir à faire à ce dire autre de l'Autre n'attend pas le nombre des années, pas plus que la vaillance de Rodrigue », nous sommes dans et sous le lieu de l'Autrebarré, comme sous son regard d'amour dans sa présence, « "Il s'agit de savoir comment, à un moment donné, pointe vers l'autre ce sentiment si mystérieux de la présence.Peut-être est-il intégré à ce dont Freud nous parle dans Dynamique du transfert, c'est à dire à toutes les structurations préalables, non seulement de la vie amoureuse du sujet, mais de son organisation du monde." J.Lacan ibid pg 60.

Nous y sommes, embrassé par ce regard qui nous revient sous sa forme inversée de l'avoir adressé, et qui nous innonde. Nous y sommes, à ce point d'éllision, comme enveloppé de la lumière de l'au-delà du phallique, et - par ce bord du symptôme pris à son extrémité lorsqu'il n' ya plus de déchiffement, plus de déchiffrage, lorsque l'oignon est vide de ses dernières peaux et que le symptôme est « apuré » du signifiant et épuré à ce néant- si nous regardons du bon côté, c'est-à-dire pas du côté du phallique d'où l'on est venu par le symptôme, dans le supposé au savoir de l'analyste, mais où l'on va, du côté de la sortie de l'analyse, du côté de l'au-delà du phallique, nous prenons part à cet insu partagé, à l'insu de notre division partagée, à tout le bienfait de ce moment d'être « Sous le soleil exactement/Pas à côté, pas n'importe où/Sous le soleil, sous le soleil/Exactement juste en dessous ..  « Gainsbourg) comme le poète, le musicien le chanteur et l' enchanteur nous l'a si bien dit déjà, lui que nous écoutions et que nous aimions entendre. 

C'est à ce chant entendu de notre division supportée par « le sentiment si mystérieux de la présence » de l'Autrebarré qui nous revient, qui fait retour en nous, que nous devons de pouvoir nous (re)lever.

Nous lever et franchir, dans l'aura de ce qui se révèle de notre insu du savoir de l'inconscient comme l'insu fondamental, comme l'insu de son fondement dans la parole qui nous a touchée.

Insu de l'équivoque que met en jeu la parole fondatrice venue de l'Autre qui nous a nommé, nous a appelé à être par notre nom et notre prénom dans le symptôme.

Insu de l'équivoque de cette parole qui ne se supporte que d'être reprise, resaisie et repartagée dans l'acte de notre dire à nous, de la reprendre dans notre dieure, comme traversant phalliquement l'insu.

 

Prise du « je » de sa parole, dans l'acte, où « Moi, la vérité, « je » parle ».J.Lacan.

 

De cet au-delà du phallique, l'analyse ne s'occupe pas, qui ne se détermine que du signifiant, d'une prise dans le phallique. De cet au-delà, elle ne s'occupe pas sauf à en ouvrir la porte qui est la porte de sa sortie, de la sortie de l'analyse...

L' Au-delà de la castration, de l'Oedipe, du phallique, du symbolique, relève d'un en-dehors d'elle.

Mais cet en-dehors d'elle qui ne la regarde plus, n'est pas un en dehors du vivant, de la sphère du vivant qui advient par elle, qui lui échappe, dont elle porte à notre époque et transmet le souffle, à condition qu'elle aussi s'autorise d'en saisir le pas de sa sortie, de sa négation en son sein même.

L'analysant en fin d'analyse produit la négation de l'analyse, qui au départ, l'a produit, lui, en l'appellant, le sujet symptômatique, à s'établir dans sa négation.

Car entrer en analyse est une opération de négation du « sujet » que le discours de l'analyse appelle.

La parenthèse du lieu de la cure en témoigne.

Sortir de l'analyse, est l'application du destin dialectique de la négation de la négation, dans la production d'un « je » parlant qui la quitte, l'analyse, dans ce « je » qui a payé sa dette dans le « prix » pour son désir, et dont il s'est acquitté... Il en est « libre »...assez détaché que pour pouvoir en parler.

 

Ce sujet opérateur de la double négation dialectique, ce sujet qui sort de la cure, c'est celui qui est, à ce moment précis de l'analyse le présentant à l'autre face (que la face du phallique), présent, disposé, reconnaissant de ce qu'elle l'ouvre à cette passe.

Et il y reçoit son souffle, de la situation analytique, qui lui fait pouvoir se tourner vers cette autre face. Révélation...ressort de la révélation de ce que l'Autre absolu, de ce que le féminin du « pas toute dans le phallique », pour lui, il ex-siste.

Que nous la franchissions, cette passe, comme la grotte qui s'ouvre au mur de l'apparence de son impasse, depuis la formule du dire de ce « je » qui écarte les pans de son mur.

 

Nous ne rencontrons jamais notre être que par le bord de l'extrémité de notre symptôme, qui le fait voir dans son ex-sistence que l'acte seul du « je », dans la responsabilité de soutenir l'équivoque de sa parole permet de faire ex-sister. « Je » qui sort de l'analyse qui le « pour-voit », cet « être » dans et de son acte de dire, depuis le bord de l'avoir de son symptôme d'Un et de son corps parlant.

 

La sortie de l'analyse, n'est pas un acte déflatoire. Le solde de l'analyse, n'est pas cynique... quoi qu'en aient pu dire Lacan et quelques autres.

Quand on le prend sur le versant de sa fin par le réel, ce solde là de l'analyse, au contraire, est ouvert sur l'infini et l'Autre absolu.

Le regard qui s'y porte, nous portant à notre dieure (dire sexué), et au corps du féminin, de « la femme pas toute dans le phallique » et pas toute dans sa jouissance pas toute – soit de la femme qui concède et consent à Lom, qui s'y livre, à l'abandonnement- est véritable réjouissance porteuse de l'à venir.

 

Si l'objet du désir ne se retrouve pas, ne s'atteint pas, il se poursuit. Et cette poursuite du désir, dans sa circulation et sa reprise, dans sa perpétuation à travers les corps parlants des symptômes, est la vraie chance du symbolique, l'assomption de la castration.

C'est ce qui de Lom « chassé du paradis », lui permet non pas de se résigner au sentiment de sa perte, mais de s'en moquer, et d'en rire, en le croquant, ce « paradis perdu» comme le fruit du péché de l'arbre, comme de sa pomme (rire et se moquer de sa pomme!) pour manger à la vie et y goûter par tous les possibles de ce que le désir peut lui offrir d'être parlant.

 

 

L'enfant, cet autre du symptôme, le symptôme de l'autre, nous colonise dans une séparation. Il est comme cet autre de nous mêmes que la mère connaît de l'intérieur et le père « sait » de l'avoir mis de l'extérieur.
Elle 
connaît, la mère, ce que séparation et division veulent réellement dire. Parturiente...partie riante dans l'après coup de l'acte de naître. 
L'enfant nous habite réellement et sa venue au monde est notre dépassement, afin justement que nous puissions un jour mourir.
Il nous y aide grandement, et à faire de notre vie cette différence de pouvoir nous, nous saisir du moment qui nous concerne.

Et il attend de nous que nous prenions notre jouissance lui permettant de négocier sa trajectoire pour la prendre lui. Ethique du réel.

Nous savons par lui, par son symptôme de corps parlant et jouissant « mortellement » aussi, que si notre jouissance est mortelle et finie par notre symptôme de corps, le désir lui, il est infini, dans la demeure symptômatique que lui fait l'enfant que nous faisons et qui nous revient en extension d'une colonie. L'enfance habite en nous de par son désir, de par sa jouissance. Par lui, nous habitons le réel.

C'est un autre chapître.

 

Avec le "solde cynique" de l'analyse, il faut en finir... La jouissance du vivant, est bien plus vaste et plus large que le désenchantement qu'il y aurait à se savoir mortel et dans le « il n'y a pas de rapport sexuel » où le signifiant nous châtre, où le sexuel ne fait pas rapport d'écriture à l'Autre.
 

Certes, dans le phallique, il y a un "désenchantement", par le fait de la dualité de l'avoir, de ne pas l'avoir, du binaire du 0 et du I. Mais c'est oublier un peu vite que justement, de ce qu'"il n' y a pas de rapport sexuel qui puisse s'écrire" est le moyen de parvenir au sexuel et au « dire sexué » autre de l'Autre ( C.Soler), qui ne se limitent pas à l'instant mais nous engagent dans l'au-delà du fini, dans l'"Au-delà de l'infini". Nous ne nous appartenons pas... Nous appartenons à l'inconscient, au réel de l'inconscient, et il nous y dispose par le symbolique et dans l'imaginaire qui nous sublîme par l'amour de notre condition d'y être, de pouvoir y ex-sister.

L'amour, lui, père-siste, dans ce que nous pouvons soutenir de ce désir, non pas de lui trouver sa fin dans l'objet, mais son infinitude dans sa circulation et sa répétition.

Point de cynisme là-dedans.
Chaque jour qui voit le soleil se lever est un autre jour, une autre répétition de ce qui peut, de ce que nous pouvons faire d'une journée et de la nuit qui suit, ou bien qui la précède dans l'événement du désir qui se présente.

 

Daniel DEMEY
30/12/2013

 




 
 
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